Black Snake Moan

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L’affiche laisse présager un truc un peu dirty sur les bords, ça va être sale. Contexte: l’Amérique, un petit patelin du Tennessee.

Au début, je ne comprenais pas bien les crises de la super traînée Cristina ou de mignon-mais-un-peu-peureux Justin. Justin part pour l’armée, mais vomit un peu avant. Normal. Cristina pleure son départ, sent des choses dans son ventre, ses cuisses, ses jambes…

Puis en parallèle, tu as Samuel le négro. Qui a joué du blues mais n’en joue plus. Son ami le Pasteur le raisonne, l’aide à prier. Sa femme Rose le quitte pour son frère. Donc Samuel a un peu les boules. Et le blues.

C’est par hasard qu’il découvre le corps de Cristina, qui a un peu abusé des drogues, des mecs, qui tousse un peu trop fort, et qui surtout, s’est fait tabassé par l’enculé de meilleur ami de Justin.

Je ne vais pas raconter toute l’histoire évidemment, mais il faut savoir en gros que cette histoire du vieux qui aide une jeune fille à revenir dans le droit chemin, je l’ai déjà vu certes plusieurs fois dans les livres ou au cinéma. Mais elle fonctionne très bien entre Cristina et Samuel. Tu te prends d’affection pour ces deux âmes abimées. Samuel aide Cristina, mais le blues les aide tous les deux.

C’est aussi surtout pour ça que j’ai aimé le film. Pour la musique, qui m’a touchée à chaque fois. Tu peux faire passer tellement de choses avec la musique, les images aussi. J’ai tellement aimé entendre ce blues, d’abord quand il joue seul. Puis avec Cristina. Puis en public dans le bar, illustré par ces corps humides qui laissent vibrer leurs âmes à l’unisson.

Palette d’émotions… Toujours de la souffrance, de la violence, mais qui s’exulte par la passion des corps, par la passion de la musique qui apaise, par l’amour de l’autre qui est là pour te protéger.

Pour parler du film plus techniquement, les acteurs sont évidemment bons, même si Justin est quasi transparent, on ne peut rien lui reprocher. Angela, le Pasteur, les gros renois, le jeune homme fraîchement dépucelé, la mère indigne… tous ont leur place.

La bande originale évidemment, est à saluer, avec  des titres de blues reprises par Samuel himself. Des images d’archives du célèbre bluesman Son House ponctuent également le film.

L’image, la réal, me fait penser un peu à du Tarantino. Sans rien exagéré, je parle simplement du style, des lettres punchy, du générique qui défile avec Cristina SEXY sur fond de blues, désolée j’ai capté la référence. En plus t’as Samuel L Jackson en vieux routier qui débarque après (Pulp Fiction quoi).

Pour info, le titre, Black Snake Moan (en français : « Le gémissement du serpent noir »), fait référence à une chanson du bluesman Blind Lemon Jefferson qui l’a enregistrée en 1927. Elle est reprise par Samuel L. Jackson dans le film et est une personnification de Lazarus pour définir : « Cette voix dans ma tête (…), elle m’appelle quand j’ai la fièvre, que j’retrouve plus le chemin de ma maison, errant dans les pins, désorienté… ».

Ce film n’est pas assez reconnu, je vous le conseille. Pour le plaisir.

(et du coup ça fait deux heures que j’écoute Son House)