Dents de sagesse tu parles.

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Ca fait genre deux mois que je suis sur un autre article que je mets beaucoup de temps à pondre parce que je vais de site en site et qu’au final je ne fais rien sur l’article (j’aime bien avoir des idées d’articles qui me font faire des recherches google inlassables).

Mais là j’ai eu envie de raconter mon expérience d’extraction de dents de sagesse. Parce que ça fait une semaine presque pile (demain matin 8h en fait) et que je souffre et que je trouve personne qui ne vit la même chose que moi sur les forums flippants de l’internet mondial. Et que c’est ma première hospitalisation, et que je touche du bois pour que ça soit la dernière. Et puis parce que peut-être ça rassurera (ou non, surtout ou non en fait) les malheureux qui cherchent des infos sur les forums…

C’est bourré de détails mais si ça te plaît pas tu lis pas hein.

Ça faisait environ deux ans que je laissais traîner cette histoire, des crises par ci, des rages de dents par là. Surtout pas mal d’angines ou rhino-pharyngites à répétition. Je morflais pas mal et je repoussais l’échéance du dentiste à chaque fois, et ça passait, donc tout va bien. Mais bon, il a bien fallu y passer. L’année dernière (en 2009 si toi, visiteur du futur, tu viens d’arriver sur cette page) en avril, je suis allée voir un dentiste inconnu (je n’ai jamais eu de dentiste attitré sauf dans mon enfance) qui m’a envoyé faire une radio panoramique et suite à celle-ci, a tenté de m’extraire en anesthésie locale une dent de sagesse de la machoire du bas qui partait à l’horizontal. Alors oui, deux trois piquouses (voire beaucoup plus pour moi, quatre, cinq, je ne sais pas), on ne sent rien vous me dites tous, mais SI MOI J’AI SENTI. Je n’ai pas pu. Vraiment. On me dit que peut-être l’imagination me faisait mal, mais non, j’en suis certaine j’avais réellement MAL quand il tirait sur ma dent. Et puis bon, peut-être que non en fait, mais c’est une chose IMPOSSIBLE à concevoir pour moi que d’arracher une dent comme ça à « l’arrache » c’est le cas de le dire. Je suis pas Stu dans The Hangover, même bourrée et droguée je ne le ferais pas ! Donc essai non concluant, le dentiste m’a renvoyé chez moi en me disant de le faire en anesthésie générale.

Un an après et quelques autres crises plus tard, je me suis décidée à prendre rendez-vous. À Paris, trop cher, je serai toute seule, donc je prends rendez-vous dans le Gers, je serai chouchoutée par ma maman. Et puis les gersois sont gentils, je le sentais bien. Comme je n’y vis pas, les rendez-vous devaient se répartir sur une semaine au moins. Donc hop rendez-vous chez le chirurgien-dentiste qui me donne l’ordonnance des médicaments dont un antibiotique à commencer la veille, rendez-vous chez l’anesthésiste avec le dossier clinique (fait au préalable chez le dentiste) et enfin rendez-vous pris à la clinique. On doit donc me retirer les QUATRE dents. Ce sont surtout celles du bas qui déconnent mais il faut enlever celles du haut aussi sinon elles risquent de tomber, frotter sur le bas, s’affaisser, je ne sais quoi. Bref, je sais la date du moment fatidique que je redoute tant.

Voilà, nous y sommes. Le 28 au matin, 7h15 à la clinique. Je n’ai dormi que quelques heures mais je m’en fous puisque je vais dormir toute la journée ensuite. Il aura fallu que je prenne ma douche la veille et le matin même à la bétadine donc là tu te crois un peu dans une émission médicale avec le corps tout marron/orange, c’est rigolo hihi. Et on doit aussi être à jeun au moins six heures avant l’opération (no clopes non plus… ce que je savais pas). On me donne ma chambre, une blouse à enfiler, toute nue en-dessous, on me donne encore des médicaments à avaler avec très peu d’eau, et on me met un bracelet avec mon nom comme à la naissance hihi.

Un mec sort de nulle part, allez hop c’est parti mettez-vous sur le lit, hop passez sur le brancard, il m’allonge et me transporte allongée dans les couloirs de la clinique. Putain ça fait bizarre d’être baladée comme ça… Paf, tu passes les portes, tu arrives dans une salle, où tu repasses sur un autre brancard (alors que t’es pas handicapée, tu pourrais marcher  jusqu’au bloc, mais tu es baladée allongée c’est comme ça). Et là, tu commences à voir des gens avec des masques qui marchent dans tous les sens… Putain il est 7h45 les mecs, ils sont au taquet t’imagines pas (moi j’ai la tête dans le cul)… Tu arrives dans un couloir, tu attends, on vient te demander si tu es à jeun, je réponds Oui oui, enfin euh j’ai fumé… « Quand ? » « Hier soir, enfin moins de six heures, après minuit » « Ah pas ce matin ? » « Non non » « Oh non non c’est pas grave » « Elle a fumé hier soir mais pas ce matin » Ah oui oui c’est pas grave c’est rien » (ce que personne ne sait c’est que j’ai pris aussi un xanax et un stilnox après minuit mais bon…). Paf, tu repasses des portes et me voilà dans le bloc. La grosse lumière au dessus de la tête. Tout le monde me demande si ça va. « Oui oui » « J’ai peur mais bon ahahahah » (je ris jaune). Et donc là, petite piquouse dans le bras pour m’insérer une sonde, la nana me déshabille le haut pour me mettre les électrodes, j’ai essayé de regarder, même derrière moi, non je n’ai pas vu la machine avec mon coeur qui bat tout ça… (et puis je n’entendais rien comme vous l’imaginez). Elle me met aussi un machin sur l’index, vous savez le truc là… comme dans les jeux. Je vois juste deux trois personnes qui s’agitent autour de moi pour préparer l’opération… Là, une infirmière me dit « on attend juste le docteur Ricaud et on démarre » (Ouaaais okay super…). Huit heures moins cinq, il est là, ponctuel le mec, il a une mallette en cuir marron foncée, il doit avoir ses outils de boucher dedans… J’ai la pendule en face de moi, HUIT HEURES. Le mec me dit (j’imagine que c’était l’anesthésiste mais je ne l’ai pas reconnu avec son masque et sans mes lunettes) « ça y est, on y va » « Ah ok ». Et hop.

Réveil. Je ne sais plus trop c’est un peu flou, je crois qu’elle me transportait sur le lit je crois. J’arrive, ou j’étais déjà, dans la salle de réveil, elle me parle « vous êtes en salle de réveil, tout va bien ? ». Je ne sais pas trop, je dois à peine ouvrir les yeux mais je parle direct cash : « Oh la vache, j’étais en train de rêver, c’est bizarre, ohlala j’hallucine ça fait drôle ». Sérieux je ne me rendais pas trop compte, ça m’a fait bizarre. Et là j’essaye de me réveiller, de réaliser où je suis. Mais je suis grave endormie encore. Mais je comprends quand même : la salle de réveil elle m’a dit. Ben tu vois d’autres personnes sur d’autres lits, dans des états pire que le tien je pense (je suis myope je répète je ne voyais pas tellement), et puis rien à foutre, je dors à moitié… J’essaye de lutter mais non… Le kif, c’est la couverture chauffante qu’ils ont mis sur toi. Tellement chaude… (alors qu’il fait mega froid dans le bloc). Mais j’ai tellement hâte qu’elle me sorte de cette salle, qu’elle me ramène dans ma chambre.

Enfin, elle m’y ramène. Encore le mec je crois. Encore je me déplace sur le brancard. Et me voilà sur le lit. A peine arrivée, je me relève tout de suite pour prendre un gilet, un bas de survet, mon téléphone et me voir dans la glace. Il fait super froid  dans la chambre aussi. Je dors. Et je me réveille, j’appelle ma mère qui, je pensais, serait là dans la chambre à m’attendre. Mais forcément il est 10h et quelques, elle est rentrée à la maison. Je lui dis que c’est fini, elle me dit qu’elle revient vers 14h, comme on lui a dit que le médecin viendrait vers 14, 15h. Je me regarde dans la glace, je suis immonde, toute gonflée, affreusement gonflée. Je me prends en photo avec le téléphone, pour la postérité (de moi-même, ça suffit). J’envoie un ou deux textos, et je dors, je dors. Une infirmière, vers 11h, super mignonne d’ailleurs, m’apporte mon déjeuner qui se compose d’une compote de pomme, d’un yahourt framboise, d’un chocolat laité, d’une bouteille d’eau. Je dévore tout. Mega faim. Avec difficulté certes mais ça passe. Et je dors. On m’apporte de la glace également à poser sur les joues. Je dis c’est froid je suis obligée de le garder, Oui il vaut mieux. Alors j’essaye de la garder.

14h ma mère arrive. Ben je me rendors hein, elle lit un livre. 14h et quelques, le médecin arrive. Alors ça va, oui oui, blabla, indications habituelles, etc. Me demande si je sens ma lèvre (j’explique plus bas). Une infirmière vient ensuite, elle m’enlève le machin de la sonde dans le bras (impressionnant aussi d’ailleurs le truc) ça arrache les poils j’ai jamais eu aussi mal de toute ma vie NON JE RIGOLE. Elle me dit de m’asseoir sur le lit, de me lever doucement, de marcher un peu et si tout va bien, je peux y aller. Attends, j’attends que ça de me barrer, évidemment que je peux m’asseoir, me lever et marcher. Ni une ni deux, je le fais, tout va bien. On attend l’infirmière et on peut y aller… ENFIN ! J’avais hâte bordel ! C’est déprimant une clinique.

Et dans la voiture (trois quart d’heures de route) je dors. Oui oui… Je rentre à la maison, je dors. Je dors toute la journée je crois. Je mange à peine le soir, trop du mal. En tout cas, je ne ressens pas trop de douleurs je crois… (comparé à maintenant en fait). Je suis un peu plus réveillée la nuit mais bon, tant pis on s’en fiche. J’ai un peu plus faim, je mange/bois du Yop, des yahourts… J’ai essayé la glace mais je n’y arrivais pas, ça ne passait pas dans l’orifice qui me servait de bouche, j’te jure que c’est vrai. Donc vive la paille. J’avais beaucoup de mal à avaler même ma salive, j’ai pas mal morflé de ce côté-là. Beaucoup de glaces sur le visage aussi. Et je dors. Parce que je suis fatiguée mais pour oublier aussi.

Après une semaine, ce que je peux dire, c’est que ça a pas mal dégonflée au bout de quatre, cinq jours. J’ai utilisée de la glace pendant trois jours environ. Les médicaments aident pas mal à ne pas trop souffrir aussi. Par contre, j’en ai eu marre de bouffer de la purée, de la soupe et de la compote. Je me suis remise un peu, depuis deux jours, à manger un peu plus consistant mais je le mâche encore des incisives et des canines mais certainement pas des dents du fond. Et j’oublie les carrés de chocolat ou steak bien cuit ou la bonne baguette à pleine bouchée. Mais je peux désormais un peu mieux avaler ma salive, même si c’est pas encore la fête du slip dans ma bouche.

Voilà, ça fait une semaine et maintenant c’est autre chose. J’ai mal. Oui. Je ne peux pas encore ouvrir la bouche, j’ai encore le bleu qui a jaunit sur toute le bas de la joue, mâchoire jusqu’en bas du cou (!). Ca m’a d’ailleurs étonnée de voir des hématomes sur l’extérieur du visage puisque ça se passe à l’intérieur ! Je vois désormais les fils à l’intérieur de ma bouche, qui sont cousus à l’intérieur de la joue d’ailleurs ou alors j’ai la berlue. D’ailleurs je précise que le docteur m’avait prévenu d’une possibilité de perte de sensibilité de la lèvre ou de la langue car l’extraction se passait au niveau du nerf qui touche ces zones. Et que c’était normal, ça pouvait durer de quelques jours à quelques mois/années. Heureusement, à la clinique, rien. Donc j’ai les fils blancs dans la bouche, je me lave les dents depuis quelques jours maintenant, systématiquement après chaque repas (ce qu’on ne fait pas en temps normal HEIN faut l’avouer !) en passant très doucement sur le fond + bains de bouche que j’ai ralenti.

J’abrège un peu, mais je dois avoir rendez-vous dans les quinze jours qui suivent pour un contrôle et enlever les quelques fils qui restent (normalement ils se résorbent d’eux-même mais bon). Le rendez-vous est pris (un peu plus de quinze jours d’ailleurs c’est pas grave m’a-t-on dit). Je me dis, ça fait une semaine, ça va aller de mieux en mieux. Il faut savoir aussi que tous les médocs prescrits m’ont donné des brûlures d’estomac (moi qui n’ait jamais eu ça !) terribles, malgré les gastro-résistants qu’on m’a donné. J’ai revu la médecin qui m’en a redonnés. Bref ça passe.

Ce qui m’inquiète maintenant, c’est cette langue qui me brûle depuis deux jours. Ça fait depuis hier que je cherche sur les forums je ne trouve rien. On parle d’insensibilité ok, mais pas de sensation de brûlure… J’ai demandé à l’assistante du chirurgien dentiste qui n’a pas tellement su me répondre : au début, étonnée, « Ah bon ? » et ensuite « Oui mais c’est normal des petits symptômes comme ça… » MOUAIS TU PARLES. Je viens de trouver le message d’un mec sur un forum qui a ça, ça fait deux mois qu’il a ça. Sérieusement, j’espère que ça va pas durer deux mois…

Ah oui, j’ai également les lèvres qui me brûlent depuis le début. Au début je pensais qu’elles étaient sèches, abîmées, donc j’ai dû vider un tube de baume à lèvres en une journée. Et puis, au fil des jours qui sont passés, elles sont plus que ça, bien amochées, gonflées et brûlées. Je dois avoir des aphtes dans la bouche, et des petits boutons à l’intérieur. Avant-hier ça saignait encore à l’intérieur de la lèvre inférieur. J’applique régulièrement le baume, ça me fait toujours autant mal…

Ça fait donc une semaine, j’ai mal, plus qu’au début, même si moins gonflée. Je n’ai plus d’Ibuprofène mais du Doliprane, ça me prend la bouche c’est super relou. Je peux toujours pas manger normalement, et j’ai la langue qui me brûle depuis deux jours. Et j’ai toujours le visage jaune à moitié. La lèvre inférieure toujours brûlée, sensible, la langue qui sait pas trop où se mettre dans ma bouche, la mâchoire qui se remet pas en place (j’avais déjà un problème de déboîtement de mâchoire…). Et un petit peu gonflée quand même. Et un ganglion gonflé à gauche, comme si j’avais une angine. Et je suis toujours fatiguée suite ces différents soucis PLUS un autre souci de santé que je passe ici sous silence. Alors j’attends un peu, en espérant que ça passe, parce que ça fait « QUE » une semaine, mais j’espère sérieusement que ça va passer parce que ça ME GONFLE (c’est le cas de le dire AHAHAHAH je ris jaune).

JE DÉTESTE TOUT CE QUI TOUCHE AUX DENTS. JE HAIS MÊME.

Ah, et en prime, j’ai les quatre dents immondes (c’est super moche une dent hein ?) dans un joli flacon en souvenir…

J’ai dit le principal je pense, je pense bien que dans quelques années ça ne sera qu’un mauvais souvenir, mais je MAUDIS tout ceux qui m’ont dit « oh c’est rien tu vas voir » « oh mais pourquoi tu le fais pas en local » « oh mais c’est rien du tout » BLABLABLA BULLSHIT. Oui je suis douillette, et je t’emmerde. Plus jamais ça.

Bisous (et merci d’avoir lu 2600 mots de plainte, un petit cadeau pour te cultiver en t’amusant ci-dessous).

6 réflexions au sujet de « Dents de sagesse tu parles. »

    Fabian a dit:
    04/11/2010 à 08:46

    je compatis avec toi, moi j’ai toujours peur qu’elles se cassent ou autres et que j’ai un trou dans la bouche.
    Bises

    Ambiome a dit:
    04/11/2010 à 14:10

    Purée, j’ai souffert avec toi en lisant ce billet…

    Bon courage <3

    Mathgon a dit:
    04/11/2010 à 18:25

    Te revoila sur un blog! Avec de bonnes nouvelles en plus :P

    zenimcfly a dit:
    04/11/2010 à 19:21

    Han arrête j’espère que j’aurai plus de problèmes après ça… Et t’es jeune en plus, encore, ça se trouve tes dents de sagesse vont sortir aussi, de travers, et on va devoir te les arracher, ahahahahah….. (non je ne te le souhaite pas et tu m’as l’air d’avoir une bonne mâchoire).

    zenimcfly a dit:
    04/11/2010 à 19:22

    Je pensais que tu aurais souffert en lisant le billet car il est très long mais euh, Merci ? merci :)

    zenimcfly a dit:
    04/11/2010 à 19:23

    Certes, mais il n’y a pas que ça voyons ! Et bienvenue donc :)

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